Entretien avec Jean-Olivier Leconte, Président du Cavalier de la Tourelle de Saint-Mandé (94)

 

Présentez-vous en quelques mots.

 

Je m’appelle Jean-Olivier Leconte, 53 ans, président du Cavalier de la Tourelle (Saint-Mandé dans le Val-de-Marne) depuis 2018. Je suis également Maître FIDE et historien des échecs à mes heures perdues.

 

Parlez-nous de votre club d’échecs.

 

Le Cavalier de la Tourelle, fondé en 1975 par Jean Boggio, est un club de jeunes essentiellement. Je dirais qu’environ 80 % de nos adhérents sont des mineurs avec une équipe en N1 jeunes. Néanmoins pour la saison prochaine nous aurons aussi une équipe en N1 adultes si les joueurs sont toujours là.

 

Nous avons deux animateurs auto-entrepreneurs pour les jeunes : Maria Leconte (mon épouse) GMI féminin, et Alain Kirsch (arrivé cette année), ainsi qu’un intervenant bilingue, Oliver Sheppard, pour des séances expérimentales en anglais.

 

Le trésorier de l’association, Jean-François Hochepied, s’occupe de l’animation pour les adultes bénévolement et avec passion.

 

Nous intervenons également dans les écoles de Saint-Mandé sur la pause méridienne.

 

Avec la crise sanitaire, nous sommes passés d’environ 140 à un peu plus de 100 adhérents pour cette saison 2020-2021. Ceci a un impact sur les finances de l’association, mais la mairie de Saint-Mandé nous soutient.

 

Sans le dévoiler, nous avons un projet axé sur échecs auprès du grand public avec la mairie en octobre 2021 si la situation le permet, ce qui j’espère permettra de relancer l’association.

 

Comment avez-vous géré la crise sanitaire ?

 

Nous avons été surpris en mars dernier, comme tout le monde. Et je pense que le format que nous avons adopté pendant cette période est similaire à beaucoup de clubs.

 

Pour les enfants nous alternons présentiel et cours via Zoom et proposons des tournois sur Lichess — dont des matches par équipes avec des clubs étrangers un peu partout en Europe — en fonction des autorisations pour les cours en présentiel.

 

Pour les adultes c’est plus compliqué, car tout se fait en ligne (Zoom, Lichess) depuis novembre 2020 sans présentiel et la fréquentation s’est de fait délitée.

 

Je me demande comment sera la situation vis-à-vis des adultes quand la situation reviendra à la normale. Même si nous avons convenu d’offrir les licences pour la saison à venir pour les adultes, je ne sais pas si nous les retrouverons tous.

 

Pour les enfants j’ai un peu moins d’inquiétude du fait de notre lien avec les écoles.

 

Je doute que nous retrouvions notre niveau d’adhérents d’avant crise dès la rentrée 2021.

 

Qu’a-t-il manqué au niveau de la région Île-de-France durant ces dernières années ?

 

De mon point de vue, la ligue Île-de-France n’a pas été dans le sens de ce que j’attendais et a manqué de transparence à tous les niveaux vis-à-vis des clubs.

 

Un simple fait : sur le site internet de la ligue Île-de-France le dernier compte rendu date de juillet 2018 ! Il n’est pas normal de découvrir les décisions devant le fait accompli.

 

Par exemple, j’ai également découvert fin 2019 qu’une subvention avait déjà été distribuée à quelques clubs (lesquels ? je n’en connais toujours pas la liste) par la ligue Île-de-France (au nom de la région) au moment où la mairie de Saint-Mandé m’informait de l’existence de cette subvention.

 

Et en tant que président de club j’ai été surpris par la hausse très significative des droits d’inscription des équipes dans les compétitions en Île-de-France.

 

Bref, la ligue IDF depuis plusieurs années pour moi c’est : « on augmente les coûts, on ne dit pas ce qu’on fait, et on mène des actions en douce ».

 

Quels sont vos trois vœux pour la région pour les prochaines années sur le plan échiquéen ?

 

Diffuser les informations dès que possible, expliquer les projets (surtout si cela induit des coûts nouveaux), agir en concertation avec les clubs.

Bref tout ce qui a manqué au cours des dernières années.